Une comédie sociale au casting impeccable, qui n’est pas sans rappeler ses illustres ancêtres italiens, qui avaient créé les maîtres étalons du genre dans les années soixante et septante.
Le réalisateur Benoît Graffin, commence son nouveau long-métrage par une comparaison de Sam (joué par Edouard Baer) à deux moments distincts de sa vie. Nous le découvrons d’abord en costard-cravate, souriant et heureux. Très débrouillard il vient de terminer la construction d’une cachette pour ses enfants. La famille est propriétaire d’une jolie maison et le couple se porte bien. Puis, on nous le présente totalement métamorphosé. Mal rasé, à moitié endormi et complètement déprimé, il ne ressemble plus du tout au cadre dynamique découvert deux ans auparavant. Que s’est-t-il donc passé entre-temps ? Simplement, Sam a perdu son boulot et la famille a dû déménager 3 fois pour se retrouver finalement à quatre dans un appartement de 20 mètres carrés. Complètement ruinés, ils vivent au jour le jour en espérant une amélioration de leur quotidien.
Marie, sa femme, ne supporte plus cette situation et le couple se dispute fréquemment. Elle doit aussi refuser les avances d’un inconnu qui la suit partout. Alors qu’elle est sur le point de tout abandonner, un événement va tout bouleverser…
L’une des raisons ayant motivé Benoît Graffin à réaliser « Encore Heureux » provient de cette idée selon laquelle une famille peut être un espace de folie à l’opposé de la norme. Pour la tonalité du film, le metteur en scène avait en tête des modèles comme « After Hours » de Martin Scorsese, où beaucoup de choses se passent en relativement peu de temps sur le mode de la comédie.
Nominé Prix spécial du Jury au Festival International du film de comédie de l’Alpe d’Huez en 2016, ce film traite différents thèmes tels que la fidélité, la famille, les rapports de voisinage et la mort. Mais le sujet principal de cette comédie dramatique est le chômage et ses conséquences. De par ses personnages transgressant la loi pour s’en sortir, « Encore Heureux » se rapproche de certaines comédies italiennes des années 60/70 comme « L’argent de la vieille » de Luigi Comencini.
L’actrice française Sandrine Kiberlain définit Marie comme une femme spontanée, maternelle et courageuse. Son rôle est bien interprété mais on se lasse vite de son franc-parler et de son agressivité. Quant à Edouard Baer, il insiste sur le fait que Sam n’est pas seulement dépressif. C’est un individu qui refuse de voir la vérité en face. Par son côté endormi et mou, Edouard Baer donne beaucoup de crédibilité à son personnage. C’est un très bon choix du réalisateur d’associer des deux acteurs, qui s’étaient déjà donné la réplique en 1999 dans « Rien sur Robert » et en 2001 dans « Betty Fisher et autres histoires ». Cette production marque donc la troisième collaboration entre les deux stars.
- Encore heureux
- De Benoît Graffin
- Avec Sandrine Kiberlain, Edouard Baer, Anna Gaylor, Carla Besnaïnou, Mathieu Torloting, Benjamin Biolay,
- E.D.I. Films, EuropaCorp Distribution, Canal+ Jourror Cinéma & Ciné+.